Vendredi 19 juin 1998 l’Assemblée nationale, représentants du peuple, a voté une loi hors-la-loi en autorisant la chasse à partir du 14 juillet contrairement à une directive européenne votée il y a près de 20 ans, alors sous présidence française.

Quelques remarques

La loi porte sur l’autorisation de débuter la chasse dès le 14 juillet. Donc à l’extension de la période de chasse, en aucun cas au droit même de chasser. D’ailleurs, la France est le pays où le temps de chasse (7 ½ mois, au lieu de 5 ou 6 ailleurs),et le nombre d’espèces chassées (65) est le plus important, et de loin, de toute l’Europe. Et nul ne le lui conteste.

Ceux qui se présentent comme représentants des chasseurs argumentent de « tradition » et même de 1789 : « La paysannerie française a rejoint la Révolution française quand elle a obtenu le droit de chasse » Maurice Laurent, député. Pour cela, ils menacent : « Le rôle du gouvernement est d’éviter des troubles dans le pays » Ladislas Poniatowski, député.

Replaçons ce scandale dans l’époque où on se dispute la question de la « préférence nationale » : les oiseaux sont des étrangers, ils traversent les frontières quand bon leur semble. L’Union européenne ce sont les étrangers. N’oublions pas que le gain de chasse populaire en 1789 n’est rien d’autre que la perte des privilèges des autres. Et à l’époque c’était pour se nourrir. En réalité les chasseurs actuels défendent justement ce privilège. Car les paysans durant l’été n’ont pas vraiment le temps de chasser ! C’est l’époque où les journées font 14 h et que ni les moissons, ni les récoltes n’attendent. Non, ce n’est vraiment qu’à l’automne, qu’ils peuvent chasser.

Les chasseurs qui réclament la chasse au 14 juillet sont des citadins ou des riches ruraux qui prennent plaisir à tuer et sont à classer chez les privilégiés et non pas chez les révolutionnaires ! C’est l’époque où les 22 % de députés qui s’affichent chasseurs sont en vacances.

Les véritables chasseurs paysans savent ce qu’est l’équilibre naturel et savent qu’il n’est pas raisonnable de chasser avant et pendant la nidification. Non, sous couvert de défense des opprimés, ces lobbyistes défendent des privilégiés.

Défendre la tradition en tant que telle, sans précision est ridicule. Par exemple, la tradition c’est aussi le droit de cuissage, ce qu’ils ne refusent probablement pas ! Mais c’est aussi la tradition des autres : le polygamisme de certaines cultures et le voile féminin pour d’autres. Mais là ils crient leurs grands dieux car ce n’est pas LEUR tradition. Ils sont figés dans un monde qui n’existe pas, se vêtent des habits de défenseurs de la vérité, sans même se préoccuper de l’existence de l’autre.

En réalité ce qui se joue c’est d’une part la popularisation des idées d’extrême-droite - défense des prétendues traditions, défense contre les étrangers et d’autre part l’armement à grande échelle, à très jeune âge de la population.

Et puis aussi…

La première tranche (joli mot n’est-ce pas ?) de la centrale nucléaire slovaque de Mochovce, dont la construction avait débuté en 1983, a démarré la semaine dernière, malgré les protestations des Autrichiens. On imagine que les notions de sécurité ont dû bien évoluer depuis et qu’elle est déjà obsolète.

En France, le 11 juin 1998, la tranche (toujours !) 2 de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) a eu un double accident : le circuit d’aspersion d’eau s’est déclenché sans raison apparente provoquant un arrêt automatique d’urgence, durant lequel une grappe de commande, censée arrêter la réaction nucléaire en cas de besoin, s’est coincée. Un "incident" précurseur, révélateur de possibilité d’accident grave.

Un nuage radioactif de césium 137 venu d’Andalousie a survolé, donc contaminé, la France, l’Italie, la Suisse et l’Allemagne. Le CSN (Conseil de sécurité nucléaire) espagnol, le mal nommé, explique qu’il n’a rien détecté. C’est d’une fonderie d’acier qu’est partie la fuite. D’où venait l’acier contaminé ? Ouh la, question indécente Dr Perline….. Rappelons que des discussions sont en cours à l’Union européenne pour considérer comme non radioactifs des déchets en dessous d’un seuil. Pas besoin de directive pour voir déjà notre quotidien contaminé par des déchets "normalisés"…


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