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Thèse de doctorat du Conservatoire National des Arts et Métiers (Paris, France) - Résumé en français

Un accident technologique majeur : Dispersion d’une pastille de césium 137 (Goiânia, Brésil, 1987)

par Perline

sous la direction de Jean-Jacques Salomon

Discipline : Science, Technologie, Société

La recherche porte sur la dispersion accidentelle, en septembre 1987, de chlorure de césium 137, radioactif, contenu dans un appareil de radiothérapie abandonné, au Brésil.

L’accident étant récent, localisé et ne mettant en jeu qu’un seul élément chimico-radioactif, il a été possible de circonscrire le sujet dans chacune de ses dimensions : gestion post-accidentelle, aspects physiques, médicaux, juridiques, psychologiques, socio-économiques, conséquences sur l’environnement et influence de l’information.

Nous nous sommes rendus sur place pour recueillir les témoignages et consulter la bibliographie. Pour combattre les effets de l’accident, la presque totalité du personnel spécialisé du pays a été mobilisée. Quatre personnes sont mortes, plus de 200 sont suivies médicalement et des centaines d’autres devraient l’être. Il a fallu gérer 3 500 m3 de déchets radioactifs. Les coûts sont difficilement chiffrables mais sont, de toute évidence, considérables.

Il est malaisé d’évaluer les séquelles. Aucun responsable institutionnel n’a été inculpé, aucun jugement n’est intervenu.

Les résultats montrent l’importance fondamentale du facteur humain dans l’accident technologique, du point de vue préventif autant que curatif. Les intérêts politiques - souvent liés aux économiques -, au niveau local, national et international, vont à l’encontre de la sécurité générale. La notion de responsabilité individuelle institutionnelle n’est pas reconnue.

Les médias ne se donnent pas toujours les moyens d’avoir les connaissances indispensables ni l’objectivité nécessaire pour rendre compte d’événements techniques, surtout lorsqu’ils sont liés aux institutions.

Des parallèles sont établis avec des événements français. Le nucléaire, en raison de sa haute technologie, parce qu’il n’est pas perceptible par nos sens et parce que son histoire est intimement liée au militaire, ne peut être sécuritaire que dans un cadre autoritaire, même s’il est déguisé de quelques assemblées et commissions le conciliant ou le réconciliant avec la démocratie.

L’information la plus large et le débat le plus ample sur le nucléaire, sous toutes ses formes, sont des conditions primordiales pour un vrai choix de société. C’est un enjeu de cette fin de siècle, le nucléaire étant un exemple démesuré du pouvoir scientifico-technocrate.