Analyse

1. Les Verts ont un programme de société

Leur programme ne concerne pas seulement l’écologie, mais aussi le social, l’économique, l’agricole, le politique, l’international... Programme ancré à gauche.

Ils n’ont pas su ou pas pu le faire connaître largement.

2. Mais les Verts ne sont perçus que comme défenseurs de l’environnement

Les OGM, le nucléaire, les animaux, etc. sont les sujets que le public attend de voir traiter par les Verts. Les commentaires que l’on entend fréquemment sont du type : « au lieu de s’occuper des 35 h (ou des sans-papiers....) ils feraient mieux de s’occuper de leurs affaires : l’environnement. »

3. L’environnement est devenu un thème concurrentiel

Alors que l’environnement devenait une préoccupation majeure des Français et que les échéances électorales approchaient, Nicolas Hulot s’est instauré comme le représentant de la défense de l’environnement, le héraut de l’effet de serre et du réchauffement climatique. Sans aucune condition économique ou sociale sous-jacente : un environnement détaché des sociétés humaines !

Pour le public, les Verts étaient les représentants et les défenseurs naturels des causes environnementales, mais ils défendaient de moins en moins ces sujets.

Parallèlement, Nicolas Hulot occupe une place outrancière dans les médias, et tous les partis ont intégré un petit peu d’environnement dans leur programme.

L’apogée de cette mystification a eu lieu lors de la signature du « Pacte écologique », véritable leurre national, que la candidate des Verts aux élections présidentielles n’aurait jamais dû signer, se diluant ainsi dans l’échiquier politique, sans faire valoir la différence de son parti sur ce sujet : l’environnement n’est pas déconnecté de la société qui lui est adossée.

Pourquoi, dans ces conditions, les électeurs auraient-ils choisi Dominique Voynet ?

- l’environnement n’est pas l’apanage des Verts, les grandes inquiétudes et grands thèmes environnementaux sont une préoccupation commune à tous les partis,
- les batailles internes aux Verts ne montrent pas autre chose que des individus jamais d’accord, non constructifs, et politiquement stériles,
- les sympathisants sont fatigués du flou présenté par le parti,
- les militants Verts eux-mêmes n’ont pas soutenu leur candidate. Localement nombre d’entre eux n’ont pas fait un geste pour soutenir leur représentante : lorsqu’ils n’étaient pas d’accord, ou avaient voté pour un autre candidat interne, ils ne se sentaient aucune obligation envers la campagne des présidentielles.
- Sans oublier le passif des présidentielles précédentes : l’écoeurement de nombreux militants et sympathisants, depuis juin 2001 et les calculs personnels ayant abouti au putsch interne avec l’élimination du candidat Lipietz [1] choisi par les militants, putsch ourdi par ceux qui se disent aujourd’hui représentants au plus haut niveau des Verts, qu’ils soient députés ou sénateurs : Voynet, Cochet, Mamère.

Pour couronner le tout, les statuts des Verts, à l’origine incitateurs de démocratie politique et géographique, ne sont plus, depuis longtemps, que des supports procéduriers, par la création de courants politiques internes totalement inexistants, mais susceptibles de faire élire celui-ci ou celle-là à un poste interne ou un mandat externe.

Ces statuts, si bien utilisés et détournés, donnent lieu à des guerres de tranchées et des accords contre nature politique, sans oublier les postes de fonctionnement et salariés, attribués et entretenus, non pas en fonction des compétences, mais des adhésions à un courant ou un autre.

Ces statuts iniques sont défendus bec et ongles par les militants qui en jouent. Les autres ont quitté le parti : le turn over est impressionnant.

Cela n’empêche en rien de laisser en paix ceux qui violent ouvertement ces intouchables statuts, depuis longtemps et sans honte aucune : un Mamère et son cumul de mandats peut librement se représenter, s’épancher, sans être nullement inquiété.

4. Aucun espoir pour les Verts, les Verts n’ont plus d’électeur

Les électeurs des Verts ont durablement déserté et rien ne peut permettre d’espérer les retrouver.

Qu’est-ce qu’un parti sans électeur ? Les Verts ne sont plus crédibles.

Les Verts ne peuvent plus fonctionner avec leurs statuts. Ils les ont poussés plus loin que leurs limites, le blocage est complet et définitif. Les louables intentions de leurs créateurs,, avec leurs répartitions par région, par sexe et par courant ne correspondent plus, quelque 20 ans plus tard, qu’à des calculs d’alliances pour arriver à placer des pions, sans qu’aucune idée politique ne sous-tende quoi que ce soit.

C’est ce qu’illustre la fuite de Bennhamias, son passage au « centre » n’étant qu’un saut de puce de plus dans la stratégie d’appartenance expérimentée de longue date, permettant de proroger une place de responsable politique, une place d’élu : nouvelle alliance, nouveau courant, nouveau parti.

Synthèse : Que faire ?

Puisque c’est un programme de société, différent, nouveau, original, toujours d’actualité, qui régit les militants Verts et que les statuts, autobloquants, avec effet de noeud coulant, ont tué les Verts, il faut alors créer un nouveau parti, avec ce même projet de société, nouveau parti dont le nom reflète ce projet, de manière explicite, et animé de statuts dynamiques.

Ce parti doit clairement présenter un programme politique général, sans ambiguïté, clair pour les militants et les citoyens.

Pour sauver l’écologie politique, la seule à même de changer la société, de vivre en harmonie avec l’environnement, et de respecter la planète et les être vivants, il faut créer un nouveau parti.

Dont les statuts ne présenteront plus des obligations liées à des courants.

Dont les statuts ne permettront plus des alliances opportunistes mais dont les représentants ne seront choisis que sur leurs véritables propositions politiques et leurs actes.

Dont les statuts n’obligeront plus à des représentations géographiques artificielles, non représentatives des réalités locales, ni des idées défendues au niveau national, européen et international.

Dont les statuts seront à la fois centrés sur des projets politiques, souples et strictement respectés.

Un vrai parti, un parti d’écologie politique.

Pour lequel, modestement, je propose un nom sans ambiguïté : ECOPOL

Les Verts sont morts, vive ECOPOL !


Photo Cobalt123, sous licence CC 2.0.